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 it's time to be happy ♦ arcady & eve;

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AuteurMessage
Eve A. London
    superwoman persévérance et ravissement.

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Date d'inscription : 20/06/2010
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no way to be
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MessageSujet: it's time to be happy ♦ arcady & eve;   Mer 28 Juil - 19:45


« it's time to be happy. »




_'_eve __ arcady


Putain que la vie est dure. Il faut résister à la tentation d’écraser son réveil lorsqu’il vient bourdonner son « DRING » intenable dans le creux de l’oreille, résister à la tentation de l’envoyer de toute force paître contre le mur le plus proche lorsqu’il interrompt le rêve, un rêve magnifique dont on voudrait ne plus jamais se réveiller. Il faut repousser la couverture et renier la chaleur propice au sommeil le plus doux qu’elle offre pour mettre un pied par terre – pas le gauche, sinon c’est encore pire – et se tirer du lit en frissonnant. Il faut marcher jusqu’à la salle de bain, prendre sa douche en se forçant à arrêter l’eau chaude parce que ça coûte cher, s’enrouler dans une serviette, s’habiller, se coiffer, se maquiller pour avoir l’air un peu plus présentable. Il faut se traîner jusqu’à la cuisine sans rejeter un seul regard à l’oreiller qui vous tend les bras et qu’il vous fait mal de ne pas rejoindre dans la seconde, il faut marcher sur le carrelage froid, ouvrir un placard et en sortir ces céréales de la marque la moins chère qui ne croustillent même pas, qui donnent l’impression d’être des morceaux de vieux raviolis détrempés trente seconde après avoir été versées dans le lait. C’est dégueulasse, mais au moins ce n’est pas cher, et puis il faut bien ça pour tenir une journée où les repas suivants ne seront pas vraiment copieux. Il faut faire la vaisselle soi même, parce qu’une machine ce n’est pas gratuit, et puis de toute façon la cuisine est tellement minuscule que la place manquerait pour un accessoire aussi luxueux. Et puis, sans répit, il faut bosser.

Il faut s’installer au plus confortable que l’on peut sur le vieux canapé défoncé dans lequel on est mal assis et qui procure cette désagréable sensation qu’on touche presque le sol à travers les coussins miteux dont la mousse s’échappe occasionnellement. Il faut attraper la guitare, celle qu’on a depuis toujours et qui aurait peut-être besoin d’une remplaçante, puis sortir du papier, un papier brouillon de récupération sur lequel il faut tracer soi-même les portées, main levée, d’un crayon à papier qui se fait de plus en plus petit. Et puis il faut écrire, composer, inspiration ou pas les notes doivent s’enfiler les unes après les autres si l’on veut une chance de pouvoir proposer, d’ici quelques jours ou plus, une nouvelle chanson, quelque chose que les gens n’auront pas l’impression d’avoir déjà entendu au coin des rues et qui ne les lassera pas. C’est difficile, mais c’est comme ça. Il faut aussi écrire des paroles, se forcer parfois pour que les mots qui sortent ne soient pas tous tristes, tous désillusionnés et débordant de chagrin. Le jour d’après, il faut jouer dehors, sur le trottoir, jouer dans l’espoir qu’une oreille bienfaitrice déposera quelques pièces dans le chapeau. Bien souvent, cela implique que l’on doive supporter les regards désapprobateurs des passants qui n’entendent soudain plus leur correspondant à l’autre bout du fil, le dégoût des piétons et parfois même des automobilistes qui ont ce préjugé, ce mauvais préjugés sur les gens qui font la manche comme ça. Il faut aussi savoir chanter pendant longtemps sans se briser la voix, ce qui empêcherait de recommencer le lendemain et, par la même occasion, la faible rentrée des gains qui solde la fin de chaque journée ; il faut savoir garder courage, espoir, volonté, même lorsque pas une âme sensible ne s’arrête, que pas un sou ne tombe, que pas un accord n’attire le tympan le plus insignifiant, que l’indifférence reste maîtresse. À la fin de la journée, ou bien au cours de celle-ci, il faut aussi trouver un moyen de transport pour se rendre dans la ville d’à côté – oui, parce qu’à Edimbourg on a déjà fait le tour de tout ce qui était à faire – et essayer malgré la fatigue de trouver un contrat dans un bar, dans un restaurant ou quoi que ce soit d’autre, pour un soir ou pour plusieurs lorsqu’on a de la chance. Le jour venu, il faut s’y déplacer, il faut jouer, il faut chanter encore, et bien si on ne veut pas finir à la porte, voir les billets filer sous le nez. Il faut s’arrêter lorsque le dernier des clients est sorti, ranger, régler les dernières bidouilles administratives, et puis rentrer bien souvent à pied parce qu’il est tard et qu’il n’y a plus de bus, quelle que soit la distance à parcourir. Il faut se coucher tard et ne pas être tenté d’assommer le réveil le lendemain matin, parce que chaque journée ressemble à la précédente et que chaque journée est aussi difficile.

Eve n’a pas de travail à proprement parler, et souvent lorsqu’elle explique comment elle gagne sa vie, on lui dit que c’est facile, qu’elle au moins n’a pas un emploi du temps chargé. Qu’elle peut faire ce qu’elle veut, quand elle veut ; qu’elle est libre comme l’air et qu’elle a de la chance. Mais tout cela est faux, complètement faux, et si les gens savaient quelle vie elle mène, ils seraient bien contents de se lever à huit heures, de poser leurs fesses derrière un bureau pour les ramener chez eux vers dix-neuf heures au plus tard. La jeune chanteuse aimerait avoir un emploi stable, quelque chose qui lui garantirait la paye de son loyer pour lequel elle tremble à la fin de chaque mois. Elle donnerait beaucoup pour cela, mais elle sait que les musiciens ne sont pas voués à des avenirs aussi brillants, elle sait que toujours elle devra lutter pour ne pas se retrouver à la rue. Elle sait qu’elle doit être forte. Il lui faut des qualités en béton pour mener une vie comme la sienne, et si jouer, et si chanter n’était pas sa passion depuis toujours, elle n’y arriverait pas. À garder espoir, à persévérer, à tenir le coup jour après jour en effaçant le précédent pour se persuader, tout en sachant que ce n’est pas le cas, qu’un avenir meilleur attend, là, quelque part, d’ici deux jours, deux semaines, une demi-douzaine de mois, une quinzaine d’années peut-être. Mais bon. Eve a le moral, elle se sent bien dans sa peau, elle est malgré tout heureuse de vivre et ne se plaint jamais. Pour tout cela, elle est quelqu’un de remarquable. Seulement, il arrive que même le plus remarquable des êtres humains lâche prise, l’espace d’une journée, qu’il perde pied et sombre dans une dépression passagère, ce qui se comprend très bien dans le cas de notre jolie jeune femme. Il faut savoir que c’est ce qui lui arrive de temps en temps, se dire qu’elle ne sera pas à la hauteur, que sa vie est un fiasco voué à l’impasse, à l’échec, à la déchéance, de craquer un bon coup pour mieux repartir ensuite.

Et ce soir là, c’est ce qui lui était arrivé. L’élément déclencheur ? Elle ne s’en souvenait déjà plus. Peut-être s’était-il agi d’une remarque désobligeante ? D’un énième « tu as de la chance » ? En tout cas, elle avait chaviré, elle s’était mise dans tous ses états, et, véritable boule de nerfs, avait même décidé de laisser en plan son contrat du soir. Une seule envie lui tordait l’estomac : celle de tout foutre en l’air. De balancer sa guitare, d’insulter chaque passant qu’elle croisait dans la rue, de cracher sur le premier à la regarder de travers, de retourner les meubles, de briser la vaisselle, d’arracher les affiches, de s’arracher les cheveux, d’utiliser son rouge à lèvres pour graver d’immenses « FUCK THE WORLD » sur les murs, sur les arbres, sur les bancs, sur sa peau… et puis de boire, de boire jusqu'à en être complètement bourrée, de boire jusqu’à en avoir oublié son propre nom, jusqu’à en être devenue folle, jusqu’à en crever même. Au diable les regards, les blessures, le fric, les contrats, le réveil qui sonne, les céréales immangeables ; au diable la vie toute entière. Tout cela bouillait en elle, et si ses pulsions démentes ne pouvaient prendre racine en temps réel, l’alcool lui pouvait se boire à la première porte poussée d’un bar. Ni une, ni deux, Eve se retrouva à peine quelques minutes plus tard assise à un bar, à commander « n’importe quoi pourvu que ce soit fort. » Boire, c’était peut-être la seule chose à la détendre lorsque ses nerfs lâchaient ; à l’amuser lorsqu’elle voyait rouge. Oui, pour une fois elle voulait se délier de toute contrainte et s’éclater, s’éclater dans les deux sens du terme d’ailleurs. Alors elle commandait verre sur verre, ne faisant même plus attention au goût des liqueurs qui lui brûlaient douloureusement la gorge. Elle interpellait le barman qui lui déposait sa commande devant elle dans le bruit typique du verre cognant contre la surface lisse du comptoir, elle le buvait d’un seul trait, le reposait d’un geste rapide et de plus en plus maladroit dans le même bruit, et puis tout cela recommençait tel un manège infernal, à un rythme assez soutenu il faut bien le dire. Elle ne réfléchissait plus, elle ne pensait plus, et c’était avant tout l’effet recherché. Où allait-elle trouver l’argent pour payer tous ces petits récipients de verre s’entassant dangereusement devant elle ? Pour une fois, la belle n’avait pas de plan, et elle s’en foutait bien. Après tout, il suffisait de se barrer en courant, même si courir bientôt elle ne le pourrait plus.

Elle en était à son quatrième verre lorsqu’elle commença à ressentir enfin les effets de l’alcool. Aucun organisme ne réagit à ça comme les autres. Certaines personnes, lorsqu’elles sont bourrées, se mettent à déprimer plus encore. D’autres vomissent, ou simplement tombent dans les vapes. Il y en a encore qui tapent sur les autres, comme un mari sur sa femme, ou qui finissent dans un lit avec le premier inconnu. Sur Eve, l’alcool n’avait aucun des effets précédents. Lorsqu’elle buvait, la demoiselle se sentait libérée de tout poids. Elle ne pensait plus à ses problèmes, n’étant même plus conscience de leur simple existence, mais se mettait à parler, à plaisanter avec quiconque passait près d’elle, un flot continu de mots cohérents bien que souvent sans intérêt, s’échappant de ses lèvres. Elle riait, elle s’esclaffait, non pas d’un rire gras mais d’un rire sincère et chaleureux. Vous pouvez donc facilement imaginer Eve, accoudée au bar, entre deux clients dans le même état qu’elle, papotant, bavardant, cancanant, débattant de sujets dérisoires et plaçant une vanne dans la conversation dès qu’elle le pouvait, vanne qui, même si d’un niveau médiocre, faisait rire tous les clients, parce qu’il en faut peu pour être heureux avec un taux d’alcoolémie assez élevé dans le sang. Ainsi occupée, la blondinette réduisit quelque peu sa consommation, prenant plus de temps pour boire gorgée après gorgée, entre deux mots. Elle était un peu ivre, mais pas énormément comparé à ce qu’elle avait déjà ingurgité. C’était ainsi, depuis son accident en sortant d’un bar : cela ne s’expliquait pas, mais elle tenait beaucoup mieux l’alcool, même si c’était déjà plus ou moins le cas avant.

À cet instant, la porte du pub restée ouverte et derrière laquelle se découpait le ciel sombre déjà piqué d’étoiles de la nuit fraîchement tombée, la porte laissa entrer dans le « ding » chaleureux de la sonnerie, une jeune femme qu’Eve remarqua tout de suite en levant les yeux de son verre. Comment ne pas la remarquer ? Elle était vraiment magnifique, d’une beauté incommensurable et vraiment très particulière, des yeux d’un bleu-gris accrocheur, un visage constellé de taches de rousseur autour duquel flottait une crinière d’un roux flamboyant, dansant en boucles sauvages au rythme de ses pas précipités. Sa silhouette était celle d’un mannequin, fine, jambes longues, hanches creuses, poitrine délicate et fesses délicieusement galbées. Quiconque aurait posé l’œil sur ses jolies formes se serait instantanément trouvé jaloux de son charme mystique. Sauf Eve, parce que l’admiration était encore trop puissante pour qu’elle puisse ressentir autre chose au même instant. Et puis la belle rousse s’approcha précipitamment du bar, s’y affala les coudes les premiers juste à côté de notre jeune chanteuse et demanda « n’importe quoi pourvu que ce soit fort » à son tour. Eve observa son visage de plus près, et s’étonna de voir un si joli minois passer une telle commande, un soir, dans un pub pas forcément bien famé… Non, la rouquine n’était décidément pas de ceux que l’on s’attend à trouver en un lieu si peu délicat et bien souvent peuplé de vieux alcoolos pervers. Peut-être venait-elle là pour oublier, elle aussi ? Pour se changer les idées en se saoulant ? Peut-être avait-elle des problèmes à noyer ? Sa commande vint atterrir sous ses yeux, et aussitôt fait, elle se saisit du verre et en avala le contenu cul-sec. Pendant quelques secondes, elle ne bougea plus, comme si le liquide qu’elle venait d’engloutir faisait contrecoup et qu’elle avait besoin d’un moment pour se remettre. Le bleu-gris de ses orbes enchantés de magnificence s’était voilé, et Eve compris qu’elle n’avait pas besoin d’un deuxième verre pour se trouver mal. Cela se confirmait, elle n’était pas du tout habituée à cela. En cet instant, sa tête devait s’être mise à tourner, ses idées à se bousculer, s’entrechoquer, se mêler et former des bizarreries qu’elle mettait du temps à remettre en place.

La blondinette se rendit compte qu’il était impoli de la scruter comme elle était en train de le faire de son œil vitreux, et elle se tourna donc vers son propre verre pour en boire une gorgée. L’entrée de la jeune femme l’avait momentanément coupée de sa conversation avec les autres habitués du coin, alors elle attendit une occasion de s’y réintroduire avec insouciance. Mais la voix qui l’invita à la parole n’était pas celles des autres ivrognes. Les lèvres qui venaient de bouger étaient bien celles de la rouquine, qui, sous l’emprise de l’alcool, laissant peut-être malgré elle lui échapper des fragments de pensée mélancoliques…
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