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 « the day is done » u.c

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Arcady Laeddis
    petit hobbit joufflu esprit diplomatique.

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Messages : 135
Date d'inscription : 13/04/2010
pseudo : désert • emilie simon
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citations : " On devrait toujours être légèrement improbable. " oscar wilde

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♠ âge du personnage: 19 ans
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MessageSujet: « the day is done » u.c   Sam 1 Mai - 22:35

« the day is done » u.c


Arcady Bonnie Laeddis
Présente …
Sa propre vie.



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Arcady Laeddis
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MessageSujet: Re: « the day is done » u.c   Lun 5 Juil - 19:07

♠ premier épisode.
« Dis Maman, est-ce que je suis sage ? »
Maman m’a toujours dit que dans la vie, il suffit d’être polie, jolie et gentille. Mais ce qu’elle voulait vraiment dire, au-delà de ses mots qui semblaient sains, c’est qu’il faut être hypocrite, belle, et mielleuse. A mon humble avis, je l’ai compris trop tôt et ai toujours respecté cette règle sans vraiment réfléchir. J’aurais réfléchi une seule fois, peut-être ne me serais-je jamais senti aussi éloigné de la réalité, de ma propre réalité. Je n’étais qu’une marionnette, un pion de son échiquier géant. Certes, je n’étais pas n’importe quelle pièce, mais cela revenait au même. Je n’étais pas réellement sa fille, j’étais plus sa fierté. Ce qui change tout.

Je n’avais que six ans, et déjà j’étais une petite fille modèle. Je souriais tout le temps, étais sage, et obéissante. A vrai dire, je n’avais pas le choix, mais je ne m’en plaignais jamais – j’étais dans naturel positif et docile. Mes cheveux roux – ma plus grande fierté – étaient toujours nattés avec savoir par ma mère qui ne se lassait jamais de les peigner. Elle pouvait passer des heures à les coiffer sans jamais sans lasser et j’adorais son sourire sincère qui ornait alors son visage et le rajeunissait subitement. Chaque matin, elle se faufilait dans ma chambre sans bruit, me réveillait d’un baiser et m’amenait tout de suite à la petite coiffeuse qu’elle avait installée dans ma chambre pour pouvoir s’adonner à son passe temps favori. Et ce matin-là en particulier ne dérogea pas à cette habitude. Seulement, la journée changea entièrement ma vie sans même que j’en aie réellement conscience à l’instant où ce changement se produisit. Après avoir noué un ruban à chacune de mes nattes, ma mère se leva et m’ordonna de rester assise, ce que je fis sans discuter. Elle alla farfouiller dans mon armoire en quête d’une tenue qui semblait avoir pris la poussière. Puis elle revint, un sourire triomphant aux lèvres, tenant dans ses mains son butin : une jolie robe beige portant quelques dentelles. Elle m’aida à l’enfiler rapidement. Je ne comprenais pas pourquoi elle me faisait mettre cet habit réservé aux grandes fêtes. Allions nous assister à un mariage ? A un anniversaire ? Je n’osais pourtant pas lui poser de question, la sentant terriblement fébrile. Un sourire crispé s’étendait son visage et le regard désapprobateur de mon père se posa sur elle quand nous arrivâmes à la salle à manger pour prendre le petit déjeuner. Mais j’étais trop jeune pour me soucier des adultes et c’était avec appétit que je mangeais.
Soudainement, la voix de mon père éclata dans la pièce, retentissante, comme jamais. Il était rare de le voir élever la voix d’ailleurs, il était bien trop discret et respectueux pour se le permettre. Mais apparemment, la situation l’exigeait, selon lui. Son regard lançait des éclairs et son poing était crispé sur la table. J’étais effrayée par cet élan de colère cherchant le regard rassurant de ma sœur, sachant déjà que ma mère fulminerait bien vite elle aussi. Estelle avait toujours été mon roc. Et celle-ci, me connaissant parfaitement, me souriait gentiment pour me rassurer. Mais son sourire vacillait, et je comprenais qu’elle aussi était anxieuse. « Maria, je t’interdis de faire ça ! Tu entends ? Je te l’interdis ! » Je sentis plus que je ne le vis, le frémissement de rage pure qui dévasta le peu le retenu qu’avait ma mère. Et elle répondit avec hargne, crachant ses mots avec tant de haine que je ne comprenais pas tout. « Ah oui ? Et pourquoi donc ? Elle a du talent ! Je le sais ! Je le sens ! Mais tu es bien trop aveugle pour le remarquer ! Veux-tu gâcher ce don ? » Un rire sonnant faux lui répondit. « Mais ma chérie, toi, c’est sa vie que tu vas lui gâcher. » Je ne comprenais rien, et je fixais ma grande sœur. Elle fronçait les sourcils, parfaitement consciente que j’écoutais même si je ne saisissais pas tout, et cela semblait fortement lui déplaire. Alors que les voix se changeaient en cris, les mots en borborygmes d’animaux, elle se précipita vers moi et m’emmena loin de la salle à manger, vers ma chambre. Elle s’assit sur mon lit et me fit asseoir sur ses genoux, et je reposais ma tête sur son épaule. Elle caressait doucement le haut de mon crâne, cherchant à m’apaiser. Son souffle régulier m’apaisait aussi. Tout en elle amenait la sérénité. Après avoir profité de ce moment reposant, je me dégageais de son étreinte et sautais au bas de ses genoux puis entreprenais à défroisser ma robe. Elle glissa un regard triste sur moi que j’aperçus. Ma mine interrogatrice la fit soupirer. « Tu sais ma coccinelle, Maman a décidé des choses toute seule … Et papa, tout comme moi, ne sommes pas sûrs que ce soit bon pour toi … » Elle soupira encore une fois avant de me prendre la main. « Retournons à la salle à manger, ils ont l’air de s’être calmés … »
Ils étaient tous deux assis l’un en face de l’autre. Mon père semblait exténué et ma mère victorieuse. Son sourire était la preuve de sa victoire et de sa satisfaction. Lorsqu’elle me vit, son regard s’éclaira et elle se précipita vers moi. Sans saluer les autres, elle me prit ma main, et m’amena rapidement vers l’entrée, m’enfilant et enfilant à la va-vite un manteau. J’étais totalement perdue mais me laisser faire. Puis elle prit les clés de sa petite voiture noire, ouvrit la porte, me reprit ma main, m’embarquant avec elle dans une course effrénée pour mes courtes jambes. Mais comme toujours, je ne me lamentais pas, et me laissais faire. Une fois à la voiture, je n’eus pas le temps d’ouvrir la portière qu’elle était déjà ouverte et ma mère m’avait déjà mise sur le siège, la ceinture de sécurité bouclée. Sa conduite n’était pas douce, loin de là. Elle était si pressée, et moi si perdue. J’aurais pu crier, perdre mon sang froid, supplier qu’elle arrête la voiture. Mais rien. J’étais silencieuse. Et je regardais le paysage défilé. Il défilait si vite … Et puis tout s’arrêta. Je fus projeté vers l’avant, retenue par ma ceinture qui me coupa le souffle. « Nous sommes arrivées ma chérie. » Son sourire se voulait sûrement rassurant et je ne doutais pas qu’elle essayait d’être le plus sincère possible, mais elle ne l’était pas. Et j’osais enfin poser la question. « Mais … où ça, maman ? »
Elle ne me répondit pas. Elle referma juste sa main sur mon poignée, fortement, trop fortement. Mais je retins le gémissement qui faillit se répandre dans l’air et je la suivais tant bien que mal alors que son pas était pressant. Je ne comprenais rien. Comme toujours lorsque ma mère avait une idée en tête. Elle ne jetait pas un seul regard en arrière pour savoir si j’allais bien. Elle n’en avait cure, sûrement. Aussi, je ne feignis aucunement l’étonnement lorsque nous arrivâmes dans une salle bondée. Des jeunes filles, de mon âge, accompagnées d’un de leur parents – ou des deux – se bousculaient dans une file interminable. Et sans ménagement, ma mère me précipita à l’intérieur, poussant les autres, grognant contre ceux qui essayaient de l’arrêter. Je n’avais pas honte de ma mère, après tout j’avais l’habitude de son comportement. Mais une autre petite fille que moi, qui n’aurait pas cette habitude, aurait sûrement rougi de honte. Grâce à son talent, nous parvînmes à une douzaine de place de la première. J’avais mal aux pieds à force de me faire marcher dessus, mais je savais que ma mère n’accepterait aucune plainte.
Après, c’était moi. Dans quelques minutes, ou quelques secondes. Mon pouls s’était accéléré tandis que ma mère me parlait dans l’oreille. Sa voix, à cet instant, je la détestais. Elle était douce et pourtant jubilatoire. « Tu vas voir un monsieur, tu vas devoir jouer, tu sais, comme dans les films. Impose-toi. » M’imposer ? Comme elle le faisait avec les autres ? Je n’étais pas sûre d’en avoir envie. Mais un seul regard vers elle me suffit pour retenir mon refus. Je n’avais pas le droit de dire non. C’était à mon tour. Je m’avançais. Tremblante. Mais aussi terriblement loin du stresse qu’aurait éprouvé n’importe quelle personne. Parce que je devais y arriver, il n’y avait aucune autre finalité possible, ma mère avait choisi à ma place. Je serais la nouvelle petite fille qui mangerait des cookies avec un grand sourire aux lèvres, présentes sur toutes les télévisions anglaises.
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MessageSujet: Re: « the day is done » u.c   Lun 5 Juil - 19:07

♠ deuxième épisode.
« Dis Maman, comment je m'appelle ? »
J’ai toujours eu l’impression d’être un caméléon. Et ce n’est pas très agréable comme sensation. Parce que vous n’êtes jamais vraiment vous-même, vous êtes ce que les autres attendent de vous. Je pense que c’était ce que ma mère avait toujours voulu, que je sois à jamais un caméléon qui prendrait la couleur qu’elle choisirait. Aussi, on pouvait tout faire de mon identité, je n’étais pas réellement Arcady, Arcady ce n’était qu’une couleur parmi tant d’autres, il était facile d’en changer. Si facile, trop facile. Le seul problème, c’est que ma mère n’était pas la seule à avoir cette possibilité, car elle la donnait à d’autres sans réellement s’en apercevoir. Effrayant comme chacun pouvait faire de moi sa marionnette.
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