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 t o b i a s ; raconte-moi le monde.

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Tobias James
    la perfection propriété privée des parfaits.

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Date d'inscription : 13/04/2010
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MessageSujet: t o b i a s ; raconte-moi le monde.   Sam 17 Avr - 23:52









        ♠ worn out places, worn out faces.

      plus tard, je serai grand. c’est la seule chose dont je sois sûr. plus tard, je serai grand. j'aurai toute mes dents et je serai à la recherche du bonheur. oui. en quête du bonheur, voilà ce que je veux. c'est simple. pas compliqué pour un sous. je parcourrai le monde et je trouverai cette terre que tout le monde nomme bonheur. parce que ce ne peut être qu'un sentiment. cela doit être quelque chose de tangible. j'ai envie d'y croire. je m'appelle Tobias Jayden James et mon seul rêve est de fouler une terre sacrée et encore inconnue de tous. parce que malgré tout les dires, je suis certain que personne n'a touché la joie comme je vais la toucher, que personne ne va frôler la satisfaction comme j'aurai l'occasion de le faire. j'ai vingt-deux ans et je sais ce que je veux. j'ai beau connaître Edimbourg pour y avoir bâti toute une vie, je sais que ce n'est pas ce qu'il me faut pour m'épanouir. pourtant, je ne compte pas partir. je suis garçon de café et j'aime ce job ridicule. j'aime sourire au gens, alors que ça ne va pas. j'aime me renverser du café dessus et rire bêtement devant les yeux ahuris des clients. j'aime les enfants qui tire sur mon tablier. j'aime les engueulades de couples, les demandes en mariage, l'annonce d'une nouvelle arrivée. j'aime vivre les moments importants de leurs vies en attendant le mien.




Dernière édition par Tobias J. James le Ven 25 Juin - 0:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: t o b i a s ; raconte-moi le monde.   Dim 18 Avr - 9:49

d a i s y . d a i s y


rokku

danse, petite, danse, « T’es plutôt mignon, tu sais, Tobias. ». Je suis un gamin et j’agis comme tel. J’emmêle mes doigts, baisse les yeux et murmure un inaudible merci. Cette nana est vraiment très belle. Sa voix suave chamboule tout dans mon boxer et je n’y comprends rien. Bon sang, comment peut-elle me trouver mignon ? Je ne suis qu’un môme de seize ans qui ne connait rien à la vie et qui n’est jamais sorti de chez lui. Je ne sais même pas ce qu’elle fout dans ma piaule, c’est vrai, merde qu’est-ce qu’elle fout là. Le pire c’est qu’elle prend ses aises. Ses doigts courent partout sur mes meubles. Sur mes stupides collections de figurines Star Wars. Bordel, ce que je m’en veux de ne pas les avoir bazardés quand ma mère m’a si gentiment fait remarquer que je n’avais plus l’âge pour ces bidules sans intérêt. Je rougis violemment lorsqu’elle s’y attarde et rit de bon cœur. Serait-elle entrain de se moquer de moi ? Je ne préfère pas y songer. Renfrognant mon visage boudeur, je découvre mes baskets pour la première fois… et bon sang, j’ai vraiment mauvais goût. Je tente quand même un regard vers la belle et m’aperçoit qu’elle a stoppé ses investigations. Tout son être est centré sur le mien, ce qui me fait rougir de plus belle. Seigneur, est-ce que cette bombe est entrain de m’houspiller du regard ? Une chose est sûr, il me transperce de part en part, j’ai l’impression de n’être qu’un stupide ectoplasme incapable de foutre un pied devant l’autre pour prendre la fuite. Alors je souris. Comme un abruti de première : je souris. Je me giflerais bien ! Je suis entrain de ma taper la honte de ma vie et ce devant un cadeau de la nature dont je ne sais rien mais qui squatte ma chambre comme si tout lui était acquis. Et franchement… Tout lui est acquis. Je n’ai pas la force de la faire fuir. Je n’ai pas la force de la repousser. Et je n’ai même pas envie qu’elle franchise cette fichue porte. Et inconsciemment je me place devant. Comme si je pouvais lutter et l’interdire de sortir. On se croirait dans un film à petit budget. Effet spécial : ni vu, ni connu, l’acteur n’a pas d’arme mais sa main derrière le dos fait frissonner le public. Oui, ou pas. Qui frissonnerait pour une main dans le dos ? Sans doute personne. Et comme je ne suis personne, je frissonne de la voir s’approcher de moi. Tout en lenteur. Tout en douceur. Tout en candeur. Mon cœur palpite à du cent à l’heure. Mais bordel, qu’est-ce qu’elle me veut cette fille ? Et c’est alors que je me rends compte d’une chose. Mais je suis chez moi ! Je fais ce que je veux, je dis ce que je veux. Pourquoi je me la boucle ? Prenant mon courage à deux mains, que je place au niveau de mon bas-ventre histoire de ne pas subir pire humiliation, je la défie du regard. « Euh. Excusez-moi mais… Qui êtes-vous ? On se connaît ? ». Elle me sourit et ses dents tellement blanches m’éblouissent. Ouah, est-ce qu’elle utilise Colgate ?! Voilà que je me perds encore en pensées débiles. Mais tout cela s’envole bien vite lorsqu’elle est à deux centimètres à peine de moi. Elle caresse mon nez du bout de son index et m’offre un clin d’œil comme jamais personne ne m’en a déjà fait auparavant. « Je suis attristée de te voir poser la question. Je pensais que tout était évident, claire même, entre nous. ». Quoi ? Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Je n’y comprends rien. Ses mains glissent le long de mes épaules et s’emparent de mes mains. « Allons mon mignon, ferme les yeux. ». Je fais ce qu’elle me dit. Docile, j’obéis. Comme un bambin à sa maman chérie. Je crois même que je n’ai jamais écouté ma mère comme je viens de le faire avec cette parfaite inconnue. Mais je me sens en confiance. Comme si elle et moi, nous ne faisions qu’un. C’est un étrange sentiment que je n’ai encore jamais éprouvé avant cela et j’ai un peu peur. Je ne sais pas où elle veut en venir et pourtant je le suis. Elle continue de parler et sa voix me berce. Ma barque avance au gré de sa rivière. C’est une drôle d’image que j’ai sous les yeux mais j’aime plutôt cela. Et soudain, c’est le trou noir. Je me réveille et pousse Daisy qui prend beaucoup de place dans mon lit. Elle croit quoi ? Je ne vais quand même lui laisser toute la place sous prétexte que c’est une femme bien roulé. À peine ai-je le temps de formuler mon idée qu’elle ouvre les yeux et me pousse à son tour. « Je suis peut-être bien roulé, mais t’es pas obligé d’y penser sans arrêt ! ». Je ne peux retenir un rire franc. J’ai tendance à oublier qu’elle me connait par cœur, mieux que moi-même sans doute. Au fond, je crois qu’en un an, elle a eu le temps de comprendre qui j’étais et peut-être même qu’elle l’a compris avant moi. Je ne sais pas et cela m’importe peu. C’est ma meilleure amie. Elle est tout simplement formidable. Non seulement elle est superbement belle mais en plus c’est une personne vraie, sincère et hilarante. Ma mère ne me croit pas lorsque je lui dis que c’est ma meilleure amie et qu’elle et moi c’est pour la vie. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Elle doit vraiment avoir une haute estime en son fils pour dénigrer la seule relation qu’il a. Mais bon sa mère, je la connais. Elle croit que je mens parce que je passe ma vie à lui mentir, ce n’est pas de sa faute. Je peux la comprendre. En même temps, c’est Daisy Daisy et je l’adore. Il faudrait qu’elle y croie et qu’elle la rencontre un jour. Pour l’instant c’est juste… un fantasme de gamin. j'aimerais entrer dans tes rêves pour tout détruire, la vie c’est comme une putain. Tu joues ta pureté, merde ! Enfin, je veux dire que tu joues gros. Ce n’est pas comme si tu faisais un tour de carrousel gratuit. Non, la vie tu la payes cher. Comme une pute. Plus tu payes de ta personne, plus tu as du bénéfice. Mais si tu ne donnes rien en échange, ce n’est pas toi qui baise mais tu te fais baiser comme un con. Voilà ce que j’ai appris quand j’étais môme. Parce que vous savez, j’ai eu un grand-père très moderne. Quand il venait me chercher pour aller promener, ce n’était pas pour aller manger une glace. On se baladait dans la ville et il me racontait comment était la vie des « mecs, des purs, des vrais ». Je n’ai toujours pas compris où il voulait en venir, mais soit. Une après-midi me restera à jamais en mémoire. Nous nous baladions dans les rues d’Edimbourg quand je découvrais pour la première fois ce qu’était une fontaine. J’étais jeune et je ne connaissais strictement rien à la vie. « Regarde, de la pluie qui tombe d’en bas ! ». Mon grand-père posa sur moi un regard de dédain que je ne compris pas. « T’es vraiment con, petit. Tu ne vois pas que c’est de la pisse ? ». Cette phrase restera à tout jamais graver dans ma cervelle. Les fontaines. C’est de la pisse. D’où elle venait, pourquoi elle était là et comment était-elle arrivée, je n’en avais strictement aucune idée. Et c’était sans doute mieux ainsi. Une chose est sûre, je n’étais plus du tout le même après cela. Mes rêves d’enfant étaient anéantis. Mon grand-père allait voir les putes pendant que moi, j’attendais dans le hall d’hôtel miteux. Un vieux dandy de septante ans qui allait voir les filles de bar. Je comprends pourquoi mon père n’était qu’un connard. « Petit, ici c’est la vraie vie. ». Si ça c’était la vraie vie, je préférais me réfugier dans un monde imaginaire. Un monde bâtit de rêve, de merveilles et de personnes fabuleuses. C’était sans doute pour cette raison que… empoisonner l'air que tu respires, « Alors ‘man, ça fait quoi d’avoir un fils barjo ? » – je faisais allusion au fait que pendant longtemps je m’étais cru au pays des merveilles. Tu sais, comme cette gourdasse qui poursuivait un lapin blanc avec une montre. Sauf que moi, ce n’était pas un lapin blanc que je poursuivais mais une poupée gonflable du nom de Daisy Daisy. Je ne te raconte même pas comme elle était belle, à tomber. Je crois que, quelque part, je devais être amoureux de cette Daisy. Mais ça on s’en tape. On retiendra juste le fait que j’ai du prendre des cachets pendant plusieurs années. Parce que Daisy, aussi bonne qu’elle ait été à mes yeux, représentait pour mes parents une entrave à mon éducation. Je n’avais jamais rien entendu de plus débile que ça. Et pourtant, Daisy disparut. Enfin, je le fis croire au début. Mais par la suite, mon fabuleux mirage s’estompa ne laissant derrière lui que des trainées de poudre. J’en avais mal au bide. J’aurais aimé en crever plutôt que de perdre ma seule alliée. Pourtant, je m’y suis fait. Je n’ai pas eu le choix. Mais je suis sûr que quelque part en moi, il y a toujours une part de Daisy Daisy. « C’est merveilleux... ». Merveilleux. Mielleux. Fabuleux. Spongieux. Elle en avait des tas. Des mots dans son vocabulaire. Des tas qu’elle me balançait à la voler. « Mais Tobey, sache que je ne me délecte de ta présence que lorsque tu ne fais pas ce regard de chien battu. ». Ma mère. Elle était vraiment trop mignonne. Toujours le mot pour rire. Les répliques assassines, celle qui te transperce de part en part et qui te dis qui tu dois être. Ma mère. Cette fichue bonne femme. Qu’est-ce que je pouvais l’aimer. Pour son vocabulaire extravaguant, les tenues flash qu’elle portait, son fanatisme pour les séries à l’eau de rose, la facilité avec laquelle elle me cernait, cette façon de m’aimer sans jamais me trahir, la confiance qu’elle avait en l’être humain, sa passion pour l’art abstrait et complètement minable. Simplement parce qu’elle était elle-même et ce peu importe l’endroit où elle se trouvait, ma mère, c’était une déesse. « Oh ‘man, déconne pas. Tu sais bien que ça de la faute de Ted en plus. » - « Oui, c’est toujours la faute de Ted si tu tire une gueule jusque par terre et que tu nous les casses avec tes jérémiades d’ado boutonneux. ». Ma mère. Cette déesse. Tout l’inverse de Ted. Je le détestais. Ted. Ted. Ted. Elle pensait que Ted était l’un de mes meilleurs amis du lycée. Ce gars complètement disjoncté qui passait devant la maison avec son skate. Je n’ai jamais osé lui dire que Ted, c’était le gars qui me triturait la cervelle à longueur de journée. Je lui parlais de Ted comme d’un gars réel. Comme d’un gars que tout le monde connait mais dont tout le monde n’en à rien à foutre. Je lui disais que Ted, c’était mon meilleur pote, le seul à me comprendre mais aussi le seul à me faire perdre la boule pour un oui pour un non. « Ted s’est fait largué aujourd’hui et il était dans tout ces états. Je te jure ‘man, ce n’était pas beau à voir. » Ce Ted là… C’était moi. Parce qu’au fond, on a tous un Ted en nous. Ce gars qui n’en fait qu’à ça tête. Celui qui pense connaître tout sur tout mais qui ne sait même pas écrire son prénom. Celui qui voudrait changer de vie mais ne sait pas comment s’y prendre. Celui qui pourrait prendre notre place que personne ne pourrait s’en rendre compte. « Putain. Ce que je suis génial. Je m’aime. ». Et en plus, c'est un putain de vantard. « Ouais, ouais. Cou-couche-panier l’imposteur. ». Sa voix martelait mes tempes. Je devais être malade. Incompris. Fous. Inconscient. Je ne sais pas mais une chose était sûr, jamais ma mère ne serait au courant de ce petit passage à vide de ma vie. et danse, petite, danse.


Dernière édition par Tobias James le Dim 27 Juin - 11:30, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: t o b i a s ; raconte-moi le monde.   Dim 18 Avr - 9:50

l a . p h i l o s o p h i e


Dernière édition par Tobias J. James le Dim 25 Avr - 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: t o b i a s ; raconte-moi le monde.   Dim 18 Avr - 9:51

p o u r . l i b e r t y
le bon usage de la liberté quand il se tourne en habitude, s'appelle vertu ; et le mauvais usage de la liberté quand il se tourne en habitude s'appelle vice.
la liberté, c’est illusoire selon moi. Je n’y ai jamais rien compris et je ne suis pas sûr de vouloir y comprendre quoi que ce soit. La liberté est illusoire. La liberté est un mensonge. C’est un leurre qu’on offre aux gens trop naïf. Un cadeau empoisonné de la vie. Et je n’aime pas ce genre de cadeau. Pendant longtemps j’y ai cru. Sans le comprendre, je croyais en tout ça. Je croyais en mon rêve d’évasion, à mon rêve de vie, à la liberté d’un avenir adoré. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’y cru. Longtemps. Trop longtemps. Et pour rien. La liberté n’existe pas. La liberté est un mensonge. J’ai beau le répéter, ça n’y changera absolument rien. Tout ça n’a beau être que du vent, je suis un putain de con, un putain d’optimiste. Je veux croire en tout, sourire pour rien et me régaler de la vie. Mais cette foutue liberté… Bon Dieu, ce que j’ai pu y croire ! Pourtant, la liberté, c’est plutôt paradoxale comme concept. On ne peut être libre s’il n’y a aucune barrière à transgresser. Mais à partir du moment où il y a des règles, la liberté ne se voit-elle pas bafouée ? Au fond, la liberté, si durement acquise, n'est autre qu'un exil déguisé. On cherche à fuir une vie qui ne nous plait pas. Un environnement qui ne nous ressemble pas. Tout autour de nous est pâle, sans couleur, sans saveur. Ça nous fait peur, limite on pleure. On ne comprend rien et pourtant, on continue d’avancer. Je ne connaissais rien à la liberté mais je rêvais d’y goûter. C’était un rêve, une envie inavouée, une passion à assouvir. Alors, j’ai cesse d’y croire pour enfin voir. Voir ce que tout cela était, voir où tout cela pourrait me mener. Voir simplement la vie comme elle est et la prendre comme elle vient. Alors, j’ai voulu me la jouer comme dans les films d’aventure. J’ai pris une stupide et large serviette, dedans j’ai fourré tout un tas de chose qui me serait indispensable tels que des caleçons, des t-shirts, des pantalons tellement vieux qu’ils étaient tous troués. J’ai fais un nœud. Un nœud qui devait tout retenir. Un nœud qui était une attache indispensable. Et j’ai alors accroché ma serviette pleine au manche du balai que j’avais bidouillé pour l’occasion. Je m’étais fait le baluchon le plus classe de tout les temps. Il était génial. J’étais tellement fier de moi. J’avais dix-huit ans et ça y est, j’allais prendre le large. J’allais choisir la vie qui me convenait. J’allais avancer au gré de mes envies et emmerder toutes ces autres personnes qui ne devaient absolument rien comprendre à mon histoire de liberté. Je vivais simplement pour moi. J’oubliais ma mère et son amour infini pour ma personne. Je quittais la maison où j’avais découvert Daisy. Je quittais tout. Je vivais pour tout quitter. Je le savais depuis longtemps, je n’étais pas fait pour une vie de pépère minable. Moi ce que j’aimais, c’était la sensation de vivre chaque jour comme le dernier. Je ne suis pas un anarchiste, je conçois juste qu’il est impossible de ne pas saisir sa liberté quand l’occasion nous est offerte. Et ça, y est, j’avais eu mon occasion. Je ne suis pas un anarchiste, juste un marginal. Comme on dit, chaque chose en son temps. Je présume donc que chaque temps a sa chose. Et moi, je suis la chose de mon temps. Je ne suis pas celui que l’on voudrait que je sois. Je ne suis pas comme tout le monde. Visiblement, je n’ai pas été fondu dans le même moule que tous les êtres qui peuplent cette planète. Je suis la pièce de trop. Vous êtes-vous déjà amusé à rassembler des puzzles? Vous est-il souvent arrivé d’avoir une pièce que vous ne saviez pas où placer? On aurait pu la mettre n’importe où, elle ne correspondait pas. Et bien voilà. Je suis la pièce qu’on ne sait placée à aucun endroit. Je ne peux m’intégrer à aucun groupe. Je suis cette fichue pièce de trop. Et je n’attends qu’une chose… Trouver ma place. Est-ce que quelqu’un pourrait me guider? Y a-t-il une personne assez aimable pour m’expliquer la jeunesse d’aujourd’hui? Parce qu’il semblerait que je mette mon point d’honneur à ne pas être dans le vent. J’en avais marre d’être cette pièce de trop. J’en avais marre d’aimer ma mère comme s’il s’agissait de la seule chose merveilleuse sur terre. Je voulais découvrir le monde. la liberté.

puis, quand le moment est venu, on franchit la porte. On avance droit devant sans se retourner. On a des souvenirs plein la tête. On doit dire au revoir à ce monde qui pendant longtemps a été le nôtre. On change de vie. De perspective d’avenir. De territoire. Tout change. Il ne nous reste plus rien. Ou, pas plus de trois caleçons dans une serviette. Mais c’est ça qui est beau. C’est ça qui fait notre monde est merveilleux et c’est ça qui fait que je n’ai jamais regretté mon choix. Je suis parti. Simplement, délicatement, sur la pointe des pieds. J’ai bercé ma jeunesse de choix audacieux mais celui-là était le plus téméraire de tous. Au revoir. Bonjour. Je ne savais pas quel mot devait être le bon pour m’en aller. Alors je n’ai rien dit. Ni à ma mère, ni à la liberté qui me fouettait le visage. J’avançais simplement. Droit devant. Sourire. Rire. Pleurer, pleurer, pleurer. Laisser des milliers de perles de pluie ruisseler sur mon visage. La difficulté n’est pas de partir. Non, ça, il m’a suffit d’un coup de tête. La difficulté c’est de savoir quoi faire lorsque l’on arrive autre part. Et ça, je n’y avais pas songé. J’aurais pu en parler à ma mère. Lui dire ce que j’avais derrière la tête. Mais au fond, je crois qu’elle aurait essayé de me retenir et non de me comprendre. Les femmes sont comme des miroirs, elles réfléchissent mais ne pensent pas. Et j’étais certain que c’était le cas de ma mère. Même si c’était une déesse à mes yeux, elle aussi était capable d’erreur. Et je ne voulais pas tout risquer. Ma liberté dépendait de ce voyage sans fin. Alors… J’ai marché. Longtemps, loin. J’ai poussé ma curiosité tellement loin que j’ai découvert tout un tas d’univers dont j’ignorais tout de l’existence. J’ai découvert ce que ça faisait de boire un verre de trop. Puis deux verres de trop. Et enfin, finir accro. J’ai découvert ce que ça faisait de se droguer. Se plaisir que l’on ressent en planant. Cette liberté tant recherchée qui en fin de compte n’était que de la poudre à se mettre dans le nez. J’aurais pu facilement m’y accrocher à cette merde. J’aurais pu tellement chérir cette cochonnerie que j’en serais devenu accro. Mais je n’ai jamais été un suiveur et cette bande de petits dépravés ne me plaisait pas. J’avais l’impression de me complaire dans la misère et ce n’était pas pour cette raison que j’avais quitté ma vie. Alors, je suis parti. J’ai lâché la drogue, l’alcool et tous ces pauvres cons qui vous ruinent votre vie. J’aurai pu les aider à s’en sortir. Mais c’était trop compliqué. Ils s’étaient enracinés dans leurs saloperies et je crois que personne n’aurait pu les aider. Et puis, je n’avais pas que ça à foutre. Alors, je suis parti et je me suis créé un domicile sous un pond. Dans une caisse en carton j’avais déposé mon baluchon et mon expérience encore inachevée. Ma pauvre carcasse abimée, je sombrais dans un sommeil à demi-profond. Depuis que j’avais quitté la maison, c’était la première fois que je me sentais bien. Presque heureux. Alors, j’abandonnais toute forme de résistance et finit par véritablement partir au pays de Morphée. Mais les gens, dans la rue, ils refusent de vous laisser dormir. Ils vous considèrent comme de la racaille. Comme un être dégoûtant qui n’a pas sa place sur terre. Alors, les flics mon ramassés sur la route. Je suis grimpé dans leur fichu véhicule, et il y avait cette fille… Cette superbe fille aux yeux rougis. Nous arrivâmes dans leur poste minable et nous nous asseyons côte à côte. Et ils commencèrent à poser leur stupide question. D’abord avec elle. Galanterie oblige, je présume. « Vous allez bien ? ». Elle ne répondit rien. Laissant nos trois pairs d’yeux la dévisager à notre guise. « Vous habitez où ? ». Cette fois, elle le défia de regard et cette lueur de rage qu’on pouvait y lire faisait froid dans le dos. « Nulle part. ». Il laissa tomber. Elle n’avait pas envie de parler, cela se voyait clairement sur son visage et puis, clairement: elle n’habitait nulle part. « Et toi ? ». Un sourire immensément narquois traversa mon visage. « Je suis son voisin. ». J’espère qu’il était satisfait de ma réponse, car c’était la seule que j’avais à lui fournir. Et puis soudain, son regard croisa le mien… son regard.

ils nous ont laissés partir et elle est partie loin devant moi. Comme si je ne l’intéressais pas. Et au fond, je ne devais pas l’intéresser. Cette fille avait quelque chose en plus, quelque chose que je ne connaissais pas chez l’être humain. Alors j’ai couru. Couru jusqu’à ce que je puisse la rattraper. « Hey. Attends-moi ! ». J’étais comme un gamin qui avait peur que sa mère parte sans lui. Mais elle, ce n’était pas ma mère et elle ne comptait pas m’attendre. J’étais d’ailleurs assez vexé qu’elle ne daigne pas porter sur moi son regard déjà tant aimé. « Ok. Je vois. Je tiens juste à te dire, que je m’accrocherai à tes basques jusqu’à ce que tu daignes me donner ton nom. ». Faisant la sourde oreille, elle continuait de marcher droit devant elle. Pas un seul regard, pas une seule intention à mon égard. Alors, je la suivais, les mains dans les poches. Je deviendrais son ombre s’il le fallait. On marcha longtemps en silence. Une heure. Peut-être deux. On était paumés. Ces flics nous avaient emmené à des kilomètres de notre pond. Là où nos – ridicules et peu nombreux – objets personnels nous attendaient. Alors, elle finit par s’arrêter. Elle comprit que jamais elle ne pourrait se débarrasser de moi. Croisant ses bras devant sa poitrine, elle tâcha de se réchauffer comme elle le pouvait. Elle me tournait le dos, mais j’avais pleine conscience de chacun de ses mouvements. Tout en elle était lié à moi. Je n’avais eu cette sensation qu’avec Daisy Daisy, et elle, c’était une poupée gonflable. Une vulgaire amie imaginaire. « Ah ouais. D’accord. Je viens de comprendre. J’ai encore des hallucinations. ». Elle se tourna soudain vers moi les sourcils froncés. Elle était mille fois plus réelle que Daisy, mille fois plus belle qu’elle et mille fois plus… Incompréhensible. « Je te demande pardon ? ». Sa voix. Je n’y avais pas encore prêté attention. Son pauvre « nulle part » m’avait à peine effleuré les oreilles. Et là, elle s’adressait à moi. Cette voix était telle à un carillon raisonnant dans mes tympans. Et elle s’adressait à un pauvre être comme moi avec cette curiosité que seul les enfants semblent avoir. Elle était comme une enfant à mes yeux et pourtant… J’étais irrémédiablement attiré par elle. Je n’avais qu’une envie, la serrer contre moi. Mais j’en avais marre d’être le dindon de la force. Aussi, les amis imaginaires, j’en avais ma claque. « T’es dans ma tête seulement. T’es un putain de mirage. Je ne dis pas, mon imagination fait vachement bien son boulot, mais t’es qu’une image dans ma tête. ». A nouveau, elle fronça les sourcils. Elle me détailla de la tête au pied. Et j’avais honte d’être aussi dégueulasse. Même si ce n’était qu’un mirage, j’avais la sensation de lui manquer de respect en me montrant de la sorte. Alors, je lui ai tourné le dos et je suis retourné sur mes pas. Je n’allais pas suivre ce mirage, je n’allais pas sombrer à nouveau dans ma folie. J’allais simplement reprendre ma route et oublier tout ça. Même si son immense regard vite continuerait de me hanter jusqu’à la fin de ma vie. Et bizarrement, des pas résonnèrent derrière moi et des carillons dansèrent dans mon dos. « Tu crois que je pourrais n’être qu’un mirage ? Tu sais, faire comme si je n’étais personne. Simplement errer comme une en âme peine… Tu crois que je pourrais le faire ? ». Je m’arrêtais soudain de marcher. Ce n’était donc pas le fruit de mon imagination, elle était faite de chair et d’os et elle s’adressait à moi comme si j’avais la réponse parfaite à sa question. Sauf que je n’avais aucune réponse. Je ne savais rien sur rien. Comme voulait-elle que je puisse lui répondre à une question si difficile. J’ai simplement fermé les yeux. J’ai laissé le vent caresser mon visage. J’ai laissé son image derrière moi. « Je n’en sais rien. ». C’était tout ce que je pouvais dire. Je n’en savais rien. Elle aurait du partir, à ce moment précis. On aurait du continuer notre route chacun de notre côté. Simplement disparaître pour l’un et pour l’autre. Mais sa main se glissa dans la mienne. sa délicieuse petite main.

je crois tomber amoureux toutes les dix minutes. Dès que cette fille est entrée dans ma vie, tout a basculé. Elle est différente. Elle est mieux. Elle a tant de facettes que je l’aime chaque fois un peu plus. Je ne le comprends pas pourtant. Et je sais pourquoi. Parce que son nom, c’est Liberty. Et je n’ai jamais rien compris à la liberté. Mais avec elle, j’avais l’impression de la toucher des doigts. De n’en être pas loin. Liberty, c’était la clé de toute ma vie, je n’avais plus qu’à trouver la bonne porte à ouvrir… Liberty, c’était la vie. Pourtant, elle détestait la vie. Elle se comportait toujours comme si rien n’avait de sens. Elle et moi, c’était pour toujours, j’en avais la conviction. Mais perdue dans son monde, elle ne voyait pas le mien. Elle ne voyait pas ce qui l’entourait. Elle ne voyait rien. Elle était ailleurs. On a tous besoin de croire que quelque chose existe au delà de la banalité du quotidien. Être capable de se transformer en quelque chose de mieux, même si personne ne croit en vous. Et je crois que c’est ce qu’elle essayait de faire. Voir plus loin. Voir plus beau. « Un jour, on en aura finit avec tout ça. ». Finir avec tout ça, quoi ? Le jour où elle m’avait dit ça, je n’avais pas relevé. J’avais simplement pris sa main et l’avait serré tellement fort que ses os avaient craqués. Elle ne m’en a pas voulu, elle a rit. Liberty riait souvent. Elle était libre de faire ce qu’elle voulait. Et bizarrement, je crois que si j’avais voulu, elle aurait écouté mes conseils. Sauf que je n’ai jamais voulu la changer. On ne peut pas posséder une fille comme elle, c’est elle qui vous possède. Avec ses sourires, ses yeux vides, ses attitudes parfois brusques ou ses idées quelques peu étranges. Elle possède qui elle veut et très rapidement. Elle m’a mis dans son filet sans que je ne la voie venir. Et au fond, je crois que je n’avais pas envie de me défendre. J’aimais faire partie de son monde. J’aimais être une partie de son monde. Un jour des mots traversèrent sa bouche. Et c’était les plus beaux mots que je n’avais jamais entendu. « Tu es mon ange gardien. ». Je ne sais pas où elle voulait en venir, mais à partir de ce moment, je rêvais que d’une chose : fourrer ma langue entre ses dents du bonheur. Avant cela, je vivais avec elle une belle amitié. Mais être son ange gardien… Ca m’apportait des ailes et je rêvais de l’aimer plus que je n’avais déjà aimé dans ma vie. Et chaque nuit, elle me remettait à ma place. Chaque fois que l’on s’en dormait. J’avais l’impression de faire partie de sa vie. Mais chaque nuit, un cauchemar la réveillait et j’avais beau lui demander ce qu’il racontait, jamais elle ne me répondait. Peu importe le nombre d'années que l'on a ; quand la nuit tombe, elle apporte avec elle des peurs cachées dans notre âme depuis l'enfance… C’est ce que j’avais appris en cours, un jour. Je voulais connaître son enfance. Je voulais l’apprivoiser comme elle, elle m’avait dompté. « Pourquoi ne parles-tu pas ? ». Le silence était ma seule réponse. Un jour, sans savoir pourquoi, je décidais de lui avouer tout ce que j’avais sur le cœur. Je voulais qu’elle sache qu’avec elle, je tombais sans cesse amoureux. Que tous les murs auxquels je me heurtais n’étaient rien en comparaison de mes sentiments. Qu’elle pouvait me mentir pour toujours que je l’aimerais malgré tout. Je n’ai pas pris de gants ce jour là. « Je t’aime, Liberty Soffword. ». A son visage, j’ai bien vu qu’elle venait de se prendre une gifle monumentale. Mais je n’ai rien dit. Elle se levée et est partie en courant. Je ne l’ai pas retenue. J’étais sûre qu’elle allait revenir une fois qu’elle aurait les idées claires. J’avais confiance en elle, je l’aimais. Et j’étais sûre qu’au fond d’elle, elle m’aimait aussi. Pourtant, elle se refusait cela. Pourquoi ? Je n’ai pas eu ma réponse. Le lendemain matin, elle n’était toujours pas revenue alors, je suis parti à se recherche. Criant son nom dans les rues désertes. Attendant qu’elle me réponde en vain. Et au bout de quelques heures, je me mis à la haïr. La pensant détestable. Je la haïssais de me faire ça. Nous deux, c’était pour toujours. Et pourtant… Elle était partie et j’étais seul. Cette deuxième nuit sans elle, j’ai découvert que la plupart des êtres qu’on pense méchants ou malfaisants sont tout simplement très seuls... Et manquent de savoir vivre. il faut rêver très haut pour ne pas réaliser trop bas…


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